Jeu de go

Jeu de go chinois

Aujourd’hui Kun et Bai s’ennuyaient. J’ai alors eu l’idée de leur faire découvrir le jeu de go. Je sais que c’est un peu tôt pour Bai, mais je ne m’attends pas à ce qu’ils jouent en respectant toutes les règles de ce jeu. Je souhaite simplement les initier aux bases qui sont relativement simples.

J’ai appris à jouer au go lorsque j’étais petite et que je vivais en Chine. C’est probablement l’un des jeux les plus vieux du monde, si ce n’est le jeu le plus ancien. Il a ensuite été très popularisé au Japon et en Corée. Aujourd’hui c’est un jeu très populaire dans toute l’Asie et qui commence à se faire connaître en Europe, même si personnellement peu de personnes dans mon entourage le connaissent en France.

j’ai ressorti mon vieux goban et mes pierres. Ce n’est pas un grand plateau en bois massif comme on en voit souvent. C’est un goban pliant de voyage, mais c’est bien suffisant. Je commence par expliquer les règles de liberté et de KO, ainsi que comment connecter les pierres sur le goban. Ils ont l’air de trouver cela amusant. Je les laisse s’entraîner quelques minutes.

Le jeu de go est excellent pour révéler la personnalité du joueur. Bai joue de façon agressive et essaie de tuer un petit groupe isolé que Kun a abandonné dans un coin du goban pour s’emparer d’un territoire plus grand à l’opposé. Il y parvient et est très fier de lui, il n’a pas encore compris qu’il venait de perdre l’avantage. Cela m’amuse de les observer.

Je leur explique qu’en chine les joueurs de go deviennent professionnel très jeune et commencent à s’entraîner très dur dès leur enfance, comme eux. Je ne sais pas s’ils s’y intéresseront plus mais c’est un bon moyen de canaliser leur trop-plein d’énergie.

calligraphie caracteres chinois

calligraphie sinogramme chinois

J’aime beaucoup la calligraphie. Je trouve que les sinogrammes écrits à l’encre de chine avec un pinceau sont très esthétiques et permettent de facilement décorer une pièce. Je me suis initié à cet art il y a quelques années déjà et je commence à tracer des traits et des caractères chinois assez beaux. Cela demande beaucoup de pratique mais cela finit par payer !

Kun et Bai aiment beaucoup me regarder faire. Bien évidemment c’est avec plaisir que je leur montre et que je leur apprends. Je fais mon encre de chine moi-même, avec de l’eau et un bâtonnet d’encre. Kun aime bien faire les mouvements circulaires dans la cupule de la pierre à encre.

Je leur montre ensuite comment tenir le pinceau et l’ordre dans lequel tracer les traits pour que ceux-ci ressemblent aux calligraphies traditionnelles. C’est difficile de bien gérer les épaisseurs de traits, mais ils s’amusent beaucoup. Je leur apprends que des symboles faciles pour commencer, avec peu de traits. Aujourd’hui ils apprennent à écrire le sinogramme du thé : 茶. Il est un peu plus difficile que les autres qu’ils ont déjà calligraphiés, mais c’est Bai qui voulait essayer.

Je ne manque pas de leur apprendre la prononciation et la signification à chaque fois qu’ils apprennent à écrire des mots en chinois. Kun et Bai démontrent beaucoup d’intérêt pour la langue chinoise et cela me rend très heureuse.

Après plusieurs essaies, ils commencent à dessiner de beaux caractères. Je leur laisse alors écrire sur une grande feuille qu’ils gardent ensuite soigneusement dans un classeur. Ils collectionnent leurs calligraphies. J’aime beaucoup ces moments passés avec eux pour leur faire découvrir cette culture qui est la mienne.

Découverte du thé vert Sencha

thé vert chinois et japonais

Bai est très intéressé de découvrir le thé vert et de participer à ce nouveau jeu entre nous. Kun est moins emballé car il a déjà goûté le thé vert mais a trouvé ça trop amer. Il est tout de même d’accord de retenter l’expérience et veut surtout jouer au grand devant son petit frère.

Nous préparons ensemble les accessoires nécessaires à la préparation du Sensha. Je mets l’eau dans la bouilloire et Kun la mets en route. Une fois l’eau bien chaude, je verse l’eau dans les bols afin de la refroidir un peu. Des bols, je la mets dans le yuzamashi (accessoire qui ressemble à une saucière) pour encore la refroidir.

Après cette manipulation, je propose à Bai de mettre lui-même le thé dans la théière. Il ajoute deux cuillères à café et j’ajoute moi-même l’eau car elle est encore très chaude. Il suffit maintenant de laisser le thé infuser une minute. Kun et Bai en profitent pour me chanter leur chanson préférée 我的好妈妈 qui signifie ma chère maman.

Je verse le thé dans les bols, je m’assure qu’il n’est plus trop chaud pour que les garçons puissent le boire en toute sécurité. Je leur explique que le thé vert est très bon pour maigrir et pour la santé et qu’en Chine il est très populaire.
Verdict ? Kun a bien aimé, il l’a trouvé plus doux et Bai a suivi son grand frère en buvant tout son bol.

Vivement la prochaine découverte…

Cuisine au wok

wok de boeuf au poivre

Mes enfants n’ont que brièvement connu la Chine. Kun avait un an lorsque nous avons quitté le pays pour venir en France, et Bai allait naître un an après. Pour leur permettre de connaître mon pays natal et leurs racines, je profite de chaque instant pour leur faire vivre et découvrire ma culture. La cuisine est un formidable moyen de le faire.

Je cuisine souvent avec mes enfants, que ce soit des plats français ou asiatiques. Je trouve cela amusant de les voir découvrir les différences entre les produits ou les manières de la préparer. Il commencent également à connaître le nom des fruits et légumes en chinois et en français.

Ce que Kun et Bai préfèrent c’est quand je prépare un wok. Ils choisissent les légumes qu’ils veulent mettre dedans et la viande. J’émince le tout et je leur explique qu’il faut que tout soit coupé très finement pour que la cuisson soit rapide et homogène. Ils choisissent ensuite la sauce qu’ils veulent mettre dedans. Kun commence à apprécier les sauces épicées. Ils ont déjà l’habitude de manger avec des baguettes.

Cette fois-ci, Kun et Bai décident ensemble qu’aujourd’hui ce sera 黑椒洋葱牛肉 (un plat de boeuf sauté aux oignons et au poivre noir). Ils aiment tous les deux le boeuf mariné dans la sauce soja, mais ils n’aiment pas attendre que le boeuf marine. Pour les faire patienter je leur montre comment éplucher et émincer et faire revenir les oignons en leur demandant le noms des aliments en chinois. Ça les occupe suffisamment pour ne pas qu’ils s’impatientent. Pour pouvoir couper le boeuf en tranches suffisamment fines, je mets le filet au congélateur quelques minutes pour que les lamelles soient les plus fines possible.

Bai me dis toujours que ce qu’il préfère c’est quand les odeurs commencent à se dégager du wok. Je lui raconte alors qu’en Chine il y a beaucoup de restaurants ouverts dans les rues et qu’il y a d’aussi bonnes odeurs à chaque coin de rue, différentes à chaque fois. Il est très curieux et souhaiterait visiter ma ville natale à Kunming.

Le plat est prêt, on passe à table pour déguster notre repas.